Le Ministre des Transports et de l’Équipement, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou a présenté, samedi 1er février 2025, le bilan de ses actions à la tête de ce département stratégique. Un entretien sur la RTN publique au cours duquel, il est revenu sur les actions réalisées après 18 mois de fonction et qui n’ont pas été de tout repos pour les techniciens du ministère au regard des immenses défis auxquels est confronté le pays et qui nécessitent un leadership exceptionnel pour satisfaire les attentes. Au delà des actions réalisées en si peu de temps et dans un contexte difficile, que le ministre a défendu avec brio, ce sont les “Grands Chantiers” d’infrastructures annoncées qui ont surtout retenu l’attention des nigériens. D’autant que le colonel-major Salissou Mahaman Salissou, également membre du CNSP, a assuré que ces travaux d’importance capitale pour le développement socioéconomique du pays seront conduits avec toute l’efficience requise en la matière, avec un accent particulier sur la gouvernance afin que chaque centime dépensé le soit avec comme unique et ultime objectif, l’intérêt du pays et donc le bien-être socioéconomique des citoyens.
C’est bien connu : la route apporte le développement et aucun objectif de développement ne saurait être atteint pour un pays sans disposer d’infrastructures nécessaires. Au regard de la présentation faite par le ministre des Transports et de l’Équipement sur les “Grands Chantiers” en perspectivee, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou a fait plus que se soumettre à un exercice inédit de reddition des comptes, mais revigoré l’espoir des nigériens de voir enfin leur pays se donner les moyens de ses ambitions. Réalisation ou réhabilitation des routes bitumées Maradi-Zinder; Tabalak-Abalak-Tamaya; Agadez-Arlit-Assamaka; N’guigmi–Kabalewa ou Ngourti–Koulele et Koulélé-Jawalo mais également, Chemin de fer Alger-Agadez et Maradi-frontière du Nigeria, ainsi que la construction des Ports secs d’Agadez et de Maradi ou encore, le lancement de la nouvelle Compagnie aérienne nationale et celle de la Confédération AES: au ministère des Transports et de l’Équipement, les grands chantiers sont en cours sous le leadership du ministre Salissou Mahaman Salissou lors de cet exercice de présentation du bilan des activités de son département conformément à la lettre de mission qui lui a été confiée par le Président du CNSP, Chef de l’État, le Général de Brigade Abdourahamane TIANI. Samedi sur le plateau de la télévision, les nigériens ont été édifiés sur le travail qui est en train d’être abattu au sein de ce ministère stratégique pour répondre aux aspirations des populations. Un travail titanesque qui a nécessité une nouvelle gouvernance, ce à quoi le Colonel-major Salissou s’est attelé dès sa prise de fonction pour poser les jalons visant à créer les conditions d’atteinte des objectifs qui lui ont été assignés par le Chef de l’État
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Des défis énormes et des ambitions assumées
La tâche n’a pourtant pas été facile au regard notamment du contexte dans lequel, l’officier de l’Armée de l’Air a pris fonction. “Au lendemain des évènements du 26 juillet 2023, il a fallu créer des conditions adéquates dans le seul but d’approvisionner le pays suite aux sanctions cyniques, uniques et illégales dont le Niger a été victime” a rappelé le ministre des Transports qui a dû, également et par la suite, faire face aux effets des aléas de la nature certes, mais aussi de la mauvaise gestion qui avait prévalu à la tête du pays avant cette échéance. L’hivernage derniera été, en effet, exceptionnellement pluvieuse cette année, ce qui a eu pour conséquences, d‘engendrer de désastreuses perturbations sur le réseau routier national. Plusieurs routes nationales dont certaines réalisées récemment et d’autres à des coûts exorbitants, ont été coupées par les eaux et des ponts et autres ouvrages ont cédé face à la furie des eaux. La parfaite illustration de ce calvaire a été Niamey, la capitale, qui a été pratiquement coupée de l’intérieur du pays pendant plusieurs jours et sur certains axes durant presque un mois ! Les nigériens se rappelleront certainement des efforts consentis par les techniciens du Ministère pour trouver des solutions urgentes à cette situation et tout le monde a salué l’abnégation du Colonel-major Salissou Mahaman Salissou qui a sillonné le pays sur les différents axes endommagés afin d’apporter non seulement les réponses nécessaires mais aussi et surtout envisager des solutions pour que, comme il l’a maintes fois rrépété, “cela ne se reproduise plus”.
C’est cela le mérite de l’anticipation, principe cardinal à toute gouvernance efficiente qui a certainement incité le Ministre à mener les réformes qui vaillent, notamment au sein du département qu’il dirige, pour que les ressources tant humaines que financières dont disposent le pays soit utilisées à bon escient. “C’est essentiel de disposer de ressources humaines compétentes et d’infrastructures adaptées pour mener à bien ce projet et heureusement, nous avons déjà les capacités requises”, a expliqué le Colonel-major Salissou Mahaman qui, en défendant le choix des infrastructures et autres initiatives sur lesquels planchent désormais son département ministériel, a souligné que la réalisation de ces infrastructures s ’inscrit dans une stratégie globale de désenclavement, visant à renforcer les corridors reliant le Niger à ses voisins, mais aussi à faciliter le transport à l’intérieur du pays. “L’objectif est notamment d’appuyer les filières de production agrosylvopastorales en permettant aux producteurs d’écouler leurs marchandises dans des conditions optimales de sécurité”, a-t-il souligné.
Des infrastructures et des initiatives pour le développement
“Nous essayons de mettre en œuvre la réalisation des infrastructures à l’intérieur du pays afin de permettre le désenclavement des zones de production surtout agro-pastorale” a mis en exergue le Ministre face aux journalistes. S’il va sans dire que l’opportunité des routes prévues sur les différents axes cités par le Ministre des Transports n’est plus à démontrer, le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou a saisi l’occasion pour annoncer la mise en place prochaine d’une compagnie aérienne nationale au Niger, ainsi que d’une compagnie de l’Alliance des États du Sahel (AES). “Notre pays est très vaste, et nous avons donné instruction à l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC) d’assouplir certaines dispositions légales afin de faciliter la mise en place de ces compagnies. Ainsi, l’ANAC a mis en ligne les conditions permettant d’obtenir rapidement les autorisations de survol et d’atterrissage”, a déclaré le Ministre, qui annoncé que les procédures ont été simplifiées pour l’obtention des certificats nécessaires à l’exploitation aérienne. Pour ce faire, un comité a été mis en place, à cet effet, afin d’accélérer la délivrance des documents indispensables à la création de ces compagnies. S’agissant de la mise en place de la compagnie aérienne de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), il a assuré qu’elle constitue une priorité et le projet avance rapidement. “nous aurons bientôt une compagnie aux couleurs de l’AES qui reliera nos capitales et desservira d’autres destinations”, a rassuré davantage le pilote de l’armée nigérienne, en fin connaisseur du domaine si besoin est de le rappeler.
Selon le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou, toutes ces infrastructures représentent une opportunité pour le Niger dans le cadre de la coopération régionale : “Je perçois déjà l’opportunité pour nous, d’avoir des petites unités de bitumage, ce qui aura un impact positif sur la qualité et le coût des infrastructures routières. De plus, nous disposerons du Jet A1 pour le transport aérien, ce qui constitue un atout supplémentaire”, a-t-il déclaré. Ce qui met en évidence la complémentarité des actions envisagées pour désenclaver le pays et mettre ces infrastructures au service du développement du pays.
C’est dans ce cadre d’ailleurs, que le Ministre n’a pas manqué d’évoquer un autre chantier stratégique pour le pays, le développement de la logistique multimodale avec la création de ports secs à Dosso et à Agadez, ainsi que celui du ferroviaire. Pour le cas du port sec de Dosso, il a annoncé que des discussions ont déjà abouti à la signature d’une convention entre les différentes parties prenantes, notamment le Niger et le Bénin, afin de définir l’avenir de cette infrastructure qui va permettre d’amorcer la construction d’un important tronçon ferroviaire. Une avancée qui a été rendue possible grâce à un protocole d’accord portant sur un règlement à l’amiable des différends liés à ce projet attendu par les nigériens depuis des décennies. Par ailleurs, dans le cadre du développement du réseau ferroviaire, un projet de ligne reliant le Nigeria à Maradi est en cours, et conformément aux orientations du Chef de l’État, des discussions ont été engagées avec les entrepreneurs afin qu’ils jouent un rôle clé dans la mise en œuvre de ce port sec. Dans la même lancée, le Ministre Salissou Mahaman a indiqué que la réalisation d’un port sec à Agadez est directement liée à la finalisation du chemin de fer qui reliera Ingazam à Agadez, qui va ainsi renforcer les infrastructures de transport dans cette vaste région aux multiples potentialités minières et pétrolifères.
Bonne gouvernance, transparence et redevabilité
L’un des aspects de l’intervention du Ministre Salissou Mahaman Salissou qui a particulièrement retenu l’attention des téléspectateurs et salué par les citoyens, c’est l’accent mis par le ministre sur la nécessité d’une nouvelle gouvernance dans ce secteur qui a été assez émaillé par des scandales de détournements et de pratiques peu orthodoxes dans la gestion des deniers publics avec, au final, si peu de résultats au regard de la situation du pays en termes d’infrastructures et d’équipement. “La réalisation des routes et des autres infrastructures coutent cher, et avec le peu de ressources disponibles, nous devons nous assurer, au nom du principe de redevabilité, que là où nous dépensons 1f, c’est vraiment ce qui est nécessaire, pas 2f et encore moins 3f”, a déclaré le Ministre des Transports et de l’Équipement. A titre d’exemple, il a fait cas du dossier d’un projet routier de 68 milliards f qui a pourtant été facturé à 103 milliards de CFA, soit plus de 30 milliards de CFA de surfacturation. “Nous avons trouvé un dossier qui n’avait pas été contractualisé. Nous avons ordonné une vérification et une nouvelle équipe s’est rendue sur place. Initialement, le coût du projet avait été évalué à 103 milliards de francs CFA pour la réalisation d’un tronçon routier. Après contrôle, nous sommes revenus à une estimation de 68 milliards”, a révélé le Ministre. Et le Colonel-major Salissou Mahaman Salissou de conclure sur une note pleine d’espoir, d’optimisme et surtout de détermination: “Nous ne pouvons pas continuer à dépenser des milliards, laisser une ardoise lourde à nos enfants pour qu’ils remboursent des crédits. Ils ont leur avenir à préparer et il faut que nous soyons sûrs d’avoir assaini ça pour léguer un Niger meilleur”.
Mangal Kétéri





