FMM : le Niger se retire de la force conjointe contre Boko Haram dans le Bassin du Lac Tchad

Le Niger a décidé de se retirer de la Force multinationale mixte (FMM) et le lancement de l’opération “Nalewa Dolé”, dans le sud-est du pays, région de Diffa, pour renforcer la sécurisation des sites pétroliers installés dans la zone, selon l’annonce faite dans le dernier bulletin des opérations militaires des Forces de défense et de sécurité (FDS), diffusé samedi dans la soirée. Opérationnelle depuis 2015 avec les soldats du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun, cette force dont l’état-major est basé à Ndjaména et le Secteur 4 établie au Niger, avait pour mission de lutter contre Boko Haram et ses différentes factions qui écument le bassin du lac Tchad, frontalier des pays. Avec près de 10.000 hommes déployées, elle a permis d’enregistrés une série de succès contre les groupes terroristes armés (GAT) avant de connaitre ces derniers temps, de dysfonctionnements qui ont miné ses capacités militaires. Sans tambours, ni trompettes, le Niger a mis fin à sa participation à la Force multinationale mixte (FMM). “L’opération menée jadis sous l’égide du Secteur 4 de la Force multinationale mixte (FMM) porte désormais le nom de “Nalewa Dolé”, a annoncé l’armée nigérienne dans le bulletin diffusé sur la télévision publique (RTN), avant de juste préciser que “ce changement d’appellation découle du retrait du Niger de la FMM”. Selon la même source, avec l’opération “Nalewa Dolé”, les forces nigériennes vont désormais se consacrer à “renforcer la sécurisation des sites pétroliers du Nord”. La région de Diffa, dans l’extrême sud-est du pays, abrite un peu plus dans sa partie nord, les principaux champs pétroliers du pays dont le bloc d’Agadem, qui alimente la principale raffinerie du pays (SORAZ) mais aussi le pipeline d’exportation du brut via le Bénin (PENB). Depuis quelques temps, ces infrastructures font l’objet de diverses menaces sécuritaires. La décision des autorités nigériennes de quitter la FMM, après le retrait du G5 Sahel, constitue un coup dur pour cette force initiée en 1994 sous l’égide de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) mais qui n’a été véritablement activée qu’en 2014 avec l’aval de l’UA. Opérationnelle depuis 2015 avec comme pays membres le Nigeria, le Tchad et le Cameroun ainsi que le Bénin comme pays observateur, la FMM (MNJTF en anglais) dont l’état-major est basé à Ndjaména, au Tchad, avait pour principale mission de lutter contre Boko Haram et par la suite ses différentes factions dissidentes dont l’ISWAP, dans le bassin du Lac Tchad. Le Niger constitue le Secteur 4 avec un état-major établi à Diffa (Zone de défense 4) qui avait beaucoup contribué dans les succès remportés par cette conjointe relativement sans appui des puissances occidentales. Ces derniers temps, la force conjointe a connu des dysfonctionnements qui l’ont placé dans une certaine léthargie ayant profité aux groupes terroristes du fait notamment de la méfiance entre certains pays membres comme la crise entre le Niger et le Nigeria au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 et l’avènement du CNSP au pouvoir. En décembre dernier, le Tchad avait déjà menacé de quitter la force conjointe qui a pourtant enregistré des succès dans la lutte contre les groupes terroristes qui écument la région et Ndjaména avait évoqué “une absence de mutualisation des efforts”, après une attaque qui a tué une quarantaine de ses soldats dans le bassin du Lac Tchad.

Ikali Dan Hadiza

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